Mouvement Dynastique Belge
Commémoration 11 novembre à Florennes
Discours de Mr le Bourgmestre HELSON PIERRE 
Mesdames, Messieurs, en vos titres, grades et qualités, 
 
Il y a cent ans, la « Der des Ders », celle que l'on nommait « la guerre qui doit mettre fin à toutes les guerres » battait son plein, et, force est de constater qu'en fait elle n'était qu'une gigantesque boucherie débouchant sur un grand vide ! 
 
Tout débuta le 28 juin 1914 avec l'assassinat par un nationaliste Serbe de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche-Hongrie. Cet élément déclencheur servi de prétexte à l'empire Austro-Hongrois pour provoquer la Serbie; ce « Casus belli », pour employer un terme militaire, était latent dans cette Europe bouillonnante depuis le début du 20ème Siècle 
 
En effet, les Français veulent en découdre avec les Allemands depuis la débâcle de 1871. 
Les Serbes n'attendent que la provocation des Austro-Hongrois pour y répondre. 
Les Ottomans souhaitent bouter les Anglais hors du Proche-Orient. 
Et si on ajoute à tout cela les ambitions coloniales des uns et des autres, leur rivalités économiques et le fait que toutes les grandes puissances mondiales de l'époque se concentrent dans le mouchoir de poche qu'est l'Europe, tout est prêt pour l'explosion 
Et la guerre éclate ! 
Une de plus, car l'Europe est habituée à ce régime qu'elle s'impose depuis 3.000 ans. 
 
Toutefois, la guerre entre Etats-Nations est un concept assez récent qui s'ajoute à la révolution industrielle du 19ème. Siècle ainsi qu'à une poussée démographique importante. 
Ce cocktail va permettre aux belligérants de se lâcher sur les moyens, aussi bien matériels qu'humains. 
Alors que les guerres napoléoniennes (1805 - 1815) ont mobilisé environ cinq million d'hommes dans toute l'Europe, la « Grande Guerre » en mobilisera plus de soixante million pendant que des milliers d'usines passent quatre ans à surproduire canons, fusils, barbelés munitions en espérant confidentiellement que cette nouvelle opportunité puisse exister le plus longtemps possible dans une telle prospérité. 
 
Août 1914, les Allemands traversent le Belgique (pourtant neutre) et étrillent tout sur leur passage jusque la Marne où le front s'enlise d'Ypres à Verdun. 
Les pertes sont énormes! 
Rien que pour la Marne en une semaine de combats acharnés, le décompte macabre est de 200.000 morts ou disparus et 300.000 blessés. Et cela n'est qu'un début! 
 
La bataille de Verdun, déclenchée en février 1916 coûtera la vie à plus de 300.000 soldats et en blessera un demi-million. 
 
Pour cette bataille, en préparation de leur offensive, les Allemands font pleuvoir deux millions d'obus en deux jours sur un front de 30 km. 
Au total, 53 millions d'obus seront tirés en 6 mois sur cette ligne; 
Soit : six obus par mètre/carré du champ de bataille. 
 
...et tout cela pour permettre une avancée décisive de ... 13 km. ! et qui, néanmoins, autorisera à décerner à cette manœuvre le titre de « bataille la plus sanglante de 
l’Histoire » 
 
S'en suivra une guerre de position dont les conséquences seront tout aussi catastrophiques et qui se solderont par près de 10 millions de soldats morts et le double de blessés, sans compter les pertes civiles. 
 
L'Europe a perdu un quart des hommes de 18 à 27 ans, et ceux qui en sont revenus sont à jamais marqués dans leur chair et dans leur esprit. 
Et tout cela pourquoi ? 
 
Certes, la carte de l'Europe est légèrement redessinée. 
Les empires Austro-Hongrois et Ottoman, déjà en déliquescence, s'effondrent sur eu) mêmes. 
 
Fallait-il un tel sacrifice humain pour un si minime résultat? 
 
La diplomatie n'aurait-elle pas abouti au moins à la même conclusion? 
 
Si la guerre a des causes, elle n'a pas de raison et ses prétendues justifications ne sont qu'absurdités. Elle est une folie et une offense au bon sens. 
La guerre n'est jamais porteuse de sa propre justification, car elle est toujours menée au nom d'une paix à atteindre ou à rétablir. 
 
Et de reprendre la formule d'Aristote qui disait: « la guerre n'est qu'un moyen en vue (de la paix; comme le travail en vue du loisir. Elle est donc, au vrai sens du terme, absurde, puisqu'elle est le contraire de ce qu'elle prétend atteindre ». 
 
S'il est vrai que les grandes civilisations se sont répandues par la force des armes, on peut inversement alléguer que c'est de la même façon qu'elles ont disparu. Et la succession des guerres dans l'histoire prouve bien qu'elles n'ont jamais rien conclu puisqu'il a toujours fallu les recommencer! 
 
Mais ces réflexions n'enlèvent rien au mérite de ces millions de sacrifiés amputés de leur libre choix de faire ou non la guerre et vers qui vont nos pensées de ce jour de commémoration. 
 
 
Merci de votre présence et de votre attention